Je m'y colle, je vais disséquer sinon c'est long.
La 1ère fois que j'ai été viré c'était suite à une accumulation de petites conneries.
Soi disant "pour mon bien", mes parents qui n'ont pourtant aucun appétit pour les choses de la religion n'avaient rien trouvé de mieux que me foutre en pension chez les curés, là c'était des frères maristes.
J'étais collé à peu près 2 WE sur 3 au pensionnat, à peine à plus d'un km à vol d'oiseau de chez moi

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- Z'aimaient pas que je passe au tableau en patins à roulettes
- Une fois dans la cour de récré j'avais aperçu sur un rebord de fenêtre un magnétophone à bandes en train d'enregistrer tout ce qu'on disait.
Avec mon pote Raboutot, en bons Samaritains toujours prêts à rendre service on s'est illico presto collés devant à déblatérer moult insanités fleuries, sans savoir que frère Machin voulait se servir de ça pour nous faire un cours de morale sur notre langage juste après la récré.
Quand on a vu le magnéto trôner sur le bureau après la récré on a eu subitement un teint violacé des mers du sud avec mon pote Raboutot.
Il a été gâté le frère...nous aussi, hop chez le dirlo.
- Une autre fois, de service aux cuisines à tour de rôle pour le service cantine, j'avait piqué quelques bons steaks de ces messieurs pour les copains...z'ont pas aimé être obligés de se rabattre sur les morceaux de caoutchouc à l'os qui nous étaient réservés comme d'hab pendant qu'ils baffraient du tout bon ces corbeaux.
- Z'aimaient pas non plus que je lise du San Antonio du style "Mon culte sur la commode" en doublette d'un bouquin d'histoire ou géo. Mais comme je savais pas résister à rigoler aux éclats fatalement je me les faisais confisquer ... qu'ils devaient lire eux mêmes le soir en cachette, en se tapant la colonne les apôtres...
- Une fois, en classe, le frère en soutane s'arrête vers mon voisin de travée et se penche sur sa copie pour lui expliquer longuement un truc...à proximité de mes petites mains, ben fallait pas.
Non, je lui pas mis la main au cul c'est pas mon trip.
Par contre j'ai délicatement attrapé le bout du cordon qui lui servait de ceinture autour de la soutane et je l'ai passé dans le trou de mon pupitre (le trou des encriers autrefois).
Fatalement, quand il a voulu partir le frère: ben il a emmené le bureau au milieu d'une classe en liesse.
Et hop chez le dirlo.
Bref, des multitudes de conneries comme ça jusqu'au bouquet final, l'apothéose, le feu d'artifice du 8 décembre.
Ce jour là c'est fête traditionnelle des illuminations dans tout Lyon à la gloire de Sainte Chépuqui qu'aurait été bouffée par des lions...ou qu'aurait bouffé des lions je sais plus bien, et on s'en fout c'est la fête qui nous intéresse.
Donc ce 8 décembre dans leur grande mansuétude ils ont commis l'irréparable erreur de nous donner quartier libre pour sortir en ville à l'extrême condition d'être de retour à la prison à 20h.
Ben fallait pas, c'est là que tout a commencé.
Faisait froid dans Lyon.
On a fait connaissance avec le vin chaud fatalement...et on s'est bien doutés en rentrant notre 1ere biture au pensionnat sur le coup de minuit que ça allait pas être simple.
Quand on a vue la tôle toute éclairée et une escadrille de soutanes courant partout on a compris que c'était pas un vol de chauves souris qui nous attendait.
Et on avait raison.
Le lendemain matin j'ai eu l'immense bonheur de croiser dans la cour mon papa adoré qui venait chercher mes affaires, pas vraiment souriant le pôvre qui venait d'apprendre que finalement son fils serait peut être plus doué pour la couture que pour l'école

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Ah ça non il était pas content papa...mais ça lui a fait faire des économies pour Noël qui arrivait parce que là pour les cadeaux je suis un peu passé à trav.
Malheureusement, pour le trimestre suivant à nouveau dans une autre école de curés, ben ça s'est pas vraiment arrangé.

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la suite au prochain épisode.